Agence de presse AhlulBayt (ABNA) : Dans cet article d’opinion, Friedman — figure connue du débat public aux États-Unis — estime que Netanyahou chercherait à orienter la politique de Washington dans un sens qui serve d’abord sa survie politique et la cohésion de sa coalition, plutôt qu’une stratégie américaine rationnelle de sécurité et de stabilité régionale. Le chroniqueur affirme que le Premier ministre tente de « vendre » aux décideurs américains des choix lourds de conséquences en les présentant comme inévitables ou urgents, tout en masquant, selon lui, la dimension intérieure de ces décisions.
Friedman avertit notamment que le discours de confrontation, lorsqu’il vise l’Iran, comporte un risque structurel : une dynamique d’escalade pouvant entraîner les États-Unis et leurs partenaires dans une crise plus large en Asie de l’Ouest. Dans son analyse, il met en avant l’idée que l’environnement régional ne permet pas de « frapper et repartir » sans répercussions, et que toute montée de tension avec Téhéran pourrait avoir des effets en chaîne sur les forces américaines déployées, sur les voies maritimes et énergétiques, ainsi que sur la stabilité de plusieurs pays.
La tribune souligne également un volet politique interne aux États-Unis. Friedman évoque la relation entre certains responsables à Washington, des réseaux de soutien et la manière dont une partie de l’opinion — y compris au sein de la communauté juive américaine, mentionnée dans le titre — peut être sollicitée, voire instrumentalisée, pour légitimer des options controversées. Le chroniqueur avertit que la polarisation et la communication politique peuvent réduire l’espace de prudence stratégique, en transformant des questions de sécurité en marqueurs identitaires.
Sans présenter son texte comme une défense de l’Iran, Friedman insiste sur la nécessité, pour l’administration Trump, d’évaluer froidement ce qui relève d’un intérêt national américain et ce qui relève d’objectifs politiques d’un gouvernement étranger. Il affirme que Netanyahou utiliserait la proximité politique avec certains cercles américains pour obtenir des soutiens diplomatiques et opérationnels, tout en poussant des priorités qui divisent fortement, tant à l’extérieur qu’au sein des sociétés concernées.
L’auteur met aussi en perspective le coût potentiel d’une stratégie de tension permanente : sur le plan militaire, en raison de la vulnérabilité des dispositifs régionaux ; sur le plan économique, à travers l’instabilité des marchés et des routes commerciales ; et sur le plan diplomatique, par l’isolement accru et l’érosion de la crédibilité internationale. Il appelle ainsi à distinguer les effets d’annonce et les calculs de court terme d’une approche fondée sur la prévention des conflits.
La publication de cette tribune intervient alors que l’Asie de l’Ouest demeure marquée par une accumulation de crises, et que la rhétorique de menace contre l’Iran connaît des cycles réguliers. De son côté, Téhéran affirme à répétition que sa doctrine est défensive et que le pays ne recherche pas la guerre, tout en avertissant qu’il répondrait à toute agression. Dans ce contexte, l’alerte de Friedman est interprétée par plusieurs observateurs comme un rappel : une escalade avec l’Iran ne serait pas un épisode isolé, mais un scénario à haut risque, susceptible de dépasser rapidement les intentions initiales de ses promoteurs.
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